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Manger moins sucrĂ© ne reprogramme pas les papilles. Les rĂ©cepteurs du sucrĂ©, sur la langue, sont les mĂȘmes avant et aprĂšs, et ils se renouvellent Ă l'identique tous les dix jours. Ce qui se dĂ©place est plus haut, dans la perception : le repĂšre.
Dans un essai de trois mois, des participants dont l'alimentation avait Ă©tĂ© appauvrie en sucre ont jugĂ© les mĂȘmes aliments nettement plus sucrĂ©s qu'au dĂ©part, Ă teneur identique. Le plaisir qu'ils y prenaient, lui, n'avait pas bougĂ© : c'est l'intensitĂ© perçue qui se dĂ©place. Que les anciens favoris deviennent Ă©cĆurants, beaucoup le racontent, mais cet essai-lĂ ne l'a pas mesurĂ©.
En pratique, comptez deux Ă trois semaines : un fruit redevient un dessert. C'est le mĂȘme mĂ©canisme que pour le sel, mieux Ă©tabli encore, oĂč le niveau prĂ©fĂ©rĂ© baisse vraiment aprĂšs huit Ă douze semaines d'alimentation moins salĂ©e.
C'est aussi ce qui se joue avec les Ă©dulcorants, juste en dessous : en gardant le goĂ»t du sucrĂ©, ils gardent le repĂšre lĂ oĂč il est.
Source : Wise et coll., American Journal of Clinical Nutrition 2016.
Le site n'en recommande aucun dont l'usage fait débat. Trois exemples, pour dire pourquoi.
L'érythritol, un polyol présenté comme le plus sûr d'entre eux. En 2023, une étude a associé un taux sanguin élevé d'érythritol à davantage d'infarctus et d'accidents vasculaires cérébraux, et montré qu'il rendait les plaquettes du sang plus promptes à former des caillots. C'est une association, pas une preuve, mais elle suffit pour s'abstenir.
L'allulose, un sucre rare, sans effet sur la glycémie. Elle n'est pas autorisée dans l'Union européenne : en 2025, l'autorité européenne de sécurité des aliments n'a pas pu établir son innocuité, faute d'études de toxicité au long cours.
Les Ă©dulcorants intenses, aspartame en tĂȘte. En 2023, le Centre international de recherche sur le cancer l'a classĂ© « peut-ĂȘtre cancĂ©rogĂšne », tout en maintenant sa dose journaliĂšre admissible. Et tous entretiennent le goĂ»t du sucrĂ©, qu'on cherche justement Ă perdre.
Ce que les recettes du site utilisent Ă la place : la glycine. Ce n'est pas un Ă©dulcorant mais un acide aminĂ©, au goĂ»t naturellement sucrĂ©. Elle forme un tiers du collagĂšne, le corps en fabrique lui-mĂȘme plusieurs grammes par jour, et elle est autorisĂ©e en Europe. Dans la mousse au chocolat et les glaces maison, elle est en option : elle remplace une partie du sucre. Seules prĂ©cautions : une maladie des reins ou du foie, ou un traitement par clozapine.
Sources : Witkowski et coll., Nature Medicine 2023 ; EFSA, avis sur le D-allulose, 2025 ; OMS, aspartame, 2023.
đĄ Un repĂšre, pas un rayon : le sucre blanc est du glucide pur, 99,8 g pour 100 g. C'est le plafond de l'Ă©chelle du site. Ă cĂŽtĂ© de lui, un pain blanc Ă 52 g et un soda Ă 10,6 g se lisent dans une Ă©chelle qui a enfin un maximum.
âčïž Valeurs gĂ©nĂ©riques CIQUAL.